Photographies par Jean-Claude Roh – 2008








Photographies par Jean-Claude Roh 2010






Photographies par Florian Schütz en 2006





L’atelier comme un lieu de vie où l’on peint,
comme une activité liée au rythme de la maison,
des rencontres, du quotidien.
Un lieu hospitalier, polyvalent, où l’odeur de la
térébenthine se mêle à celle d’un café partagé,
où le sofa devient lit, où la réflexion et la lecture
se mélangent aux éclats de l’huile sur la palette,
où les voix de la radio couvrent la rumeur extérieure.
Un lieu refuge au cœur de la vie de la cité. Une
cellule miroir, où l’on se protège de soi-même,
des autres, des figures qui apparaissent sur la
toile, où l’on panse ses plaies en métamorphosant
ses angoisses par le fantastique.
Joël Chervaz
Dans mon atelier vous verrez des dizaines, voire des centaines de toiles, qui reflètent chacune mes préoccupations et réflexions, comme des sortes de cartographies intérieures. J’y suis essentiellement durant les belles saisons, quand la température n’est pas trop froide – lorsqu’il ne gêle pas encore – l’endroit est inchauffable et vétuste. L’hiver, je dessine à la maison, au chaud – se faisant – je prépare les toiles à venir. J’ai pris ce rythme d’un calendrier intime depuis de nombreuses années. C’est peut-être aussi pour cela que ma peinture a cette forme d’intensité caractéristique. Lorsque le froid disparaît, je ressens à ce moment-là, l’énergie pour peindre. Je monte alors mes châssis et tends les toiles, en sortant progressivement de la période hivernal, ce qui me permet ensuite de libérer mon geste à travers mes thèmes.
La musique est presque toujours présente. Elle m’inspire énormément et me donne l’énergie dont j’ai besoin pour créer. Je ressens et vis la musique comme une puissante énergie. Peinture et musique m’ont accompagné depuis le début de ma vie d’artiste, se mêlant intimement pour devenir indissociables de mon inspiration.

Il m’arrive certains jours de ne rien faire, d’être simplement là assis dans le silence à regarder les traces de la veille ou les angoisses du jour, dans une méditation bénéfique et nécessaire. Il me faut beaucoup de travail pour parvenir à cet expressionnisme. C’est un travail physique. J’essaie de tout mettre en place pour qu’il puisse n’y avoir finalement plus que le geste et cela est une véritable organisation, une recherche d’incarnation dans la matière de mes visions intérieures.
La création est pour moi une quête pour tenter de mieux comprendre ce qui me fabrique et me construit à travers ma propre conscience, comme un miroir qui reflète une image à décrypter. C’est également un chemin, une sorte de topographie personnelle qui me permet de me situer, de m’orienter; grâce à mon imaginaire et à mes fulgurances picturales émerge alors un monde étrange qui peut m’étonner et me surprendre.
Des thèmes reviennent cycliquement, ils représentent chacun des symboles que je ne peux représenter que par la peinture, par l’image Voir ici C’est la grande force de cette expression, qui exprime une forme d’essentiel, une immédiateté à approfondir, avec aujourd’hui cette formidable chance de la mettre en musique avec mes propres sons. Comme si finalement matière et énergie fusionnaient enfin.
David Ciana
